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Articles

Affichage des articles du 2012

Les Brèves

Bonne nouvelle pour nos amis belges :  Vol quotidien low-cost Bruxelles-Venise La compagnie aérienne Air Onea annoncé la prochaine ouverture (prévue le 4 mai prochain) d'une base à Venise, sa troisième en Italie après Milan et Pise. A la clé le lancement de onze nouvelles liaisons. La filiale low cost d’Alitalia va ainsi baser deux Airbus A320 sur l’aéroport de Venise-Marco Polo, et y lancera ses quatre premières routes. Bruxelles sera desservie quotidiennement avec un départ de Venise à 7h50 et un retour de Belgique à 10h25. ligne créée pour concurrencer la compagnie Brussels Airlines. Air One desservira aussi Barcelone chaque jour. Venise sera également reliée à Prague et à Tirana. Enfin, dès le 15 juin 2012, la low cost lancera d'autres lignes : Athènes, Bucarest, Istanbul, Sofia et Varsovie. Venise sera ensuite reliée à Mahon dans l’île de Minorque et Palma de Majorque, faisant de l'aéroport de Venise une véritable plate-forme européenne. Cela voudra dire encore plus de …

Dialecte vénitien et leçon de sciences naturelles

C'est vrai qu'on ne dit plus Sciences Nat, mais SVT pour Sciences et Vie de la Terre (toujours cette bêtise de vouloir être moderne, à tout crin) ... Mais on dit toujours brouillard et brume, ce qui se traduit en vénitien par le mot très imagé de Caìgo et quand il est assez dense pour sembler se matérialiser devant nous on rajoute le mot "fisso".
Caìgo fisso donc à Venise ces jours-ci. Rien à voir avec le Smog londonien qui du temps de ma jeunesse anglaise collait à la peau et suintait la tourbe et le charbon. Sur la lagune, il est comme un épais rideau de toile, comme mille couches superposées de mousseline blanche, presque argentées. Il sublime tout, le moindre poteau, une simple barque et amplifie les bruits, les odeurs... Quand il  se taja col corteo (se taille au couteau), il recouvre toute la ville et rend Venise encore plus mystérieuse, féérique. Se promener dans le brouillard, être surpris à l'angle d'une rue par un passant qui surgit de n…

Délices à la vénitienne : la poêlée d'anguilles

 "Magna e bevi che la vita xe un lampo" ..
Quand vient l'été, le temps des vacances et du farniente, on a souvent envie de changer un peu ses habitudes. Le train-train quotidien, qui laisse peu de place à la fantaisie, est loin derrière nous pour de longues semaines. C'est souvent le désarroi au début. On ne sait plus très bien où on en est. Autre rythme, autres lieux, il faut tout réinventer mais bien vite le corps et l'esprit s'adaptent au nouveau décor. Finies les contraintes, les coups d’œil nerveux à la montre, le stress. C'est enfin le temps pour soi, pour ceux qu'on aime. L'occasion de concocter de bons petits plats et de les savourer. Bien que le temps jusqu'ici n'est pas été des plus cléments, un repas en famille sous la tonnelle, dans le jardin ou un pique-nique sur la plage, quoi de plus sympathique ? Pour nous ce soir, c'était un festin de doge. Jugez vous-même : un gargantuesque plat de polenta fumante couverte d'une é…

Venise, le sénateur et les paquebots géants

Il est réjouissant de voir que parfois certains de nos combats, ces coups de gueule qui agacent plus d'un lecteur, en rapport avec des faits qui nous désolent tous, sont repris par les grands médias internationaux et peuvent ainsi atteindre enfin le grand public. C'est le cas de l'actuelle polémique sur les Grandi Navi, dont Tramezzinimag dénonce les dangers depuis longtemps et qui fait l'objet d'un excellent article dans Le Monde daté du mardi 10 juillet. Avec pertinence, le papier d'Evelyne Evin expose les faits et donne l'essentiel des éléments qui manquent la plupart du temps aux commentaires sur l'actualité de la Sérénissime. Cela nous réjouit et nous félicitons l'envoyée spéciale du journal pour avoir su traduire avec exactitude et précision la situation actuelle à venise ! 
.  .. Un sénateur italien veut mettre Venise et sa lagune à l'abri des paquebots géantspar Florence Evin
Le trafic aux abords de la cité des Doges est de plus …

On ne peut devenir qu'autant qu'on soit déjà

9 mai 2012 
C'est Novalis qui écrivait cela. Profitant d'un beau soleil, je relisais assis sur l'herbe des poèmes de Rainer Maria Rilke. Leur beauté m'a renvoyé, par un de ces mystères de la pensée, vers Louis Émié, cet auteur bordelais peu connu encore, mais qui est l'un des plus grands poètes de notre époque.
..Dans Le Mémorial, son journal, édité en 2000, j'avais trouvé le texte suivant qui date de 1941 je crois, quand la France était occupée. Il m'avait paru alors tellement en adéquation avec ma vie. Plus de dix ans après, ces lignes restent tout aussi fortes. 
.."Est-ce un bonheur ou un malheur que de savoir qu'il y a des choses que l'on ne pourra jamais faire, qu'on demeure toujours limité à soi-même malgré tous les efforts que l'on accumule pour se dépasser ? 
.."Il y a des livres que je ne lirai jamais, des villes que je ne connaîtrai jamais. J'en éprouve par instant un regret aussi douloureux qu'un soudaine brûlure. Et…

"Gelido in ogni vena", Vivaldi chanté par Cecilia Bartoli

,,En relisant mes notes sur l'Ospedale della Pietà, j'ai eu envie d'écouter ce magnifique disque enregistré par la grande Cecilia Bartoli, The Vivaldi Album, paru il y a un certain temps déjà (en 1999 !) chez Decca. Une merveille que tous les amateurs de musique baroque connaissent. Tout est beau dans ce disque. Avec l'enregistrement du Nisi Dominus de James Bowman, les Gloria et Magnificat dans la sublime version de Riccardo Muti avec la grande Teresa Berganza, c'est un des plus extraordinaires enregistrements consacrés à la musique du prêtre roux. Dans son Dictionnaire amoureux de Venise, Philippe Sollers décrit parfaitement la beauté émouvante de cette musique et le portrait qu'il dresse de la cantatrice est totalement justifié par ces images. Qui disait si bêtement qu'Antonio Vivaldi avait passé sa vie à écrire le même concerto ?

..Il m'est impossible de parler de Vivaldi sans évoquer la mémoire d'Olga Rudge et d'Ezra Pound. Sans eux, le com…

La Venise d'avant (1)

,,L'église de la Pietà que l'on peut voir aujourd'hui sur le quai des Esclavons n'est pas celle où Antonio Vivaldi dirigeait les jeunes musiciennes du couvent. Elle a été construite après sa mort. L'église qu'il connut et où eurent lieu les nombreux concerts qu'on venait écouter de toute l'Europe n'a été démolie que plus tard et remplacée par un palais aujourd'hui transformé en hôtel, l'Albergo Metropole. La gravure ci-dessus montre l'entrée de la chapelle de l'Ospedale della Pietà telle que Vivaldi et ses jeunes musiciennes l'ont connue. 
,,On peut encore voir des colonnes de l'ancien bâtiment dans le hall de l'hôtel. Est-ce l'esprit du prêtre roux qui fit décider le propriétaire de l'hôtel d'organiser chaque semaine des concerts de musique de chambre ou des récitals de chant dans un salon à côté du hall où trônent les deux colonnes vestiges de l'église reconstitue plus loin ? Certainement. Mais ce fut sur…

Premier matin de mai

"Quelle ville pour les marins ! Tout flotte, et rien ne roule. Un silence divin. l'odeur de la marine, partout. Même ignoble, aux carrefours de l'ordure croupie, des choux pourris, des épluchures et de la vase, l'odeur salée se retrouve encore ; et toujours monte la douceur sucrée du filin et l'arôme guerrier du goudron, cet Othello des parfums. C'est un bonheur d'aller grand'erre sur les eaux dociles : le charme de Venise contente tout caprice. Et moins l'on sait où l'on est, moins l'on sait où l'on va, plus l'issue a de grâce, le plaisir s'y parant de la surprise. Il n'est canal qui ne mène à la lumière."  André Suarès

Dimanche. Un livre, un gâteau, et la musique de Bach.

Les dimanches que j'aime sont toujours de la même couleur. Celle d'un bonheur tranquille que rythment joyeusement les Suites anglaises de Bach sous les doigts de Glenn Gould. Peu importe le temps qu'il fait au dehors, dans la maison le soleil brille de tous ses feux. Le chat ronronne de plaisir, la table pour le thé réunit toute la famille. Scones dorés, thé fumant et parfois, un de ces gâteaux qui réveillent en nous mille souvenirs d'enfance. Hier, c'était un Fondant à l'orange. Constance qui s'est prise de passion pour ces petits bracelets de ruban qu'on garnit de breloques retrouvées dans les tiroirs et les vieux coffrets de sa Bonne-maman (comme la recette du délicieux Fondant), s'affaire près de la fenêtre. Tout autour d'elle, fils et tissus dans un joyeux désordre, illuminent de couleurs acidulées le gris du ciel. 
La sarabande de la Deuxième Suite se glissent dans toute la maisonnée. Dehors, la pluie continue sans arrêt depuis plusieurs j…

La pluie, encore et toujours...

Bordeaux et une partie du pays sont noyés sous des trombes d'eau. pendant ce temps, Venise pendant ce temps voit la température monter et le ciel se dégager... Ce printemps est bien surprenant.

COUPS DE COEUR (HORS SERIE 28) : "Autant la mer" de François Matton

Découvert par hasard ce très bel album-livre comme je les aime, où l'histoire mêle les mots et le dessin. Un trait acéré et plein de poésie, sans fioritures ni concessions. c'est moderne et très classique en même temps. L'histoire est belle et parlera certainement à beaucoup. Une parenté indirecte avec Venise qui parlera aux lecteurs de TraMeZziniMag. Voici ce que l'auteur a écrit sur cet opus dans son blog : "Vouloir partir vivre sur l'eau est un rêve d'enfant qui ne s'encombre pas du réel. C'était le rêve de mon frère Benoît, tel que je le raconte dans Autant la mer. Partir vivre sur l'eau, loin de l'agitation des villes, loin des habitudes bourgeoises, loin de ce qui se répète sans qu'on le remette en question, loin des moules dans lesquels, après quelques fanfaronnades, on se coule si vite (c'est tellement pratique), loin des responsabilités compliquées, loin des enjeux d'argent, loin de la nécessité de se battre pour trava…

Evviva San Marco !

C'est aujourd'hui le 25 avril, journée sacrée entre toutes pour les vénitiens : la fête de Saint-Marc. Symbole de la Sérénissime République resté très cher au cœur des habitants, cette solennité se traduisait avant 1797 par une grande procession dont le doge prenait la tête et qui rassemblait toute la population, du plus humble au plus noble.
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C'est aussi le jour où les hommes offrent à leur belle, leur fille, leur mère, un bouton de rose rouge, lebòcolo. Tramezzinimag a publié à plusieurs reprises la légende qui entoure cette sympathique tradition. Les opinions divergent sur l'origine de cette coutume, toutes sont poétiques et romancées. Le 25 avril correspond aussi, hasard de l'histoire, à la fête nationale de l'Italie qui fête en ce jour sa libération du joug fasciste en 1945.

Buona festa di San Marco a tutti ! 


Des salopards

"Bastardi, deliquenti, barbari !" criait une vieille dame devant le spectacle. Aucune traduction ne semble nécessaire pour qualifier les auteurs, de plus en plus nombreux qui ne trouvent rien d'autre à offrir au monde que la laideur de leurs déprédations qu'ils considèrent comme de l'art. Un exemple du niveau où notre civilisation est tombée. Bien bien bas. 
Il y a les hordes de touristes qui envahissent la ville, les Grandi Navi qui encombrent de plus en plus les eaux de la lagune et font courir à la ville le risque d'une catastrophe sans précédent, l'érosion produite par les émanations chimiques et les remous provoqués par les hors-bords circulant à grande vitesse ; il y avait les pigeons, grands pollueurs et destructeurs de monuments qu'on a réussi à circonvenir. Hélas, il y a aussi, encore, toujours et de plus en plus, ces débiles qui doivent penser que la Sérénissime n'est pas assez belle et ont entrepris depuis quelques années de transformer …

COUPS DE CŒUR (HORS SERIE 27) : Connaissez-vous André Hambourg ?

Ils sont nombreux les peintres que la lumière de Venise a su captiver.André Hambourg est de ceux-là. Né et mort avec le siècle (il naquit en 1909 et s'est éteint en 1999), ancien élève des Beaux-Arts de Paris, il fut peintre officiel de la Marine et correspondant de guerre. Il vécut à Honfleur, connu pour la beauté de sa lumière si changeante qui attira tant de peintres. Son expérience professionnelle l'amena à publier plusieurs ouvrages consacrés à son vécu à la fin de la guerre. Il fut l'un des premiers français à pénétrer dans le fameux nid d'aigle de Hitler à Berchtesgaden en 1947.  A la peinture et à l'écriture, s'ajoutaient des talents d'illustrateur et de graveur. Je l'ai découvert dans les années 80 en farfouillant dans la bibliothèque de mes parents. Ils possédaient une édition de l'Altana ou la Vie Vénitienne d'Henri de Régnier(Éditions Rombaldi, 1959) magnifiquement illustrée par André Hambourg. Quelques années plus tard, un…

Quel avenir pour Venise ?

C'est la question que se pose un de mes amis vénitiens, membre du groupe 40xVenezia et que j'ai trouvé important de relayer sur Tramezzinimag. D'une part pour ceux qui pourraient avoir des idées constructives et intéressantes, mais aussi pour rappeler à tous les Fous de Venise que nous sommes, que notre amour pour elle suppose aussi des devoirs. Venise a beau être un lieu – et un concept - unique au monde, c’est aussi une ville comme les autres avec des problèmes et des besoins semblables à ceux de toutes les villes du monde.
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A ceci près que le tourisme, loin d'aider la population à s'épanouir et à bien vivre, l'étouffe et l'encercle comme une dangereuse maladie. Cette pollution devient une lèpre contre laquelle il faut lutter. Certes, ce ne sont pas les touristes en eux-mêmes qui portent la responsabilité de cette asphyxie, mais les pouvoirs publics et l’ensemble des protagonistes. de ce tourisme de masse. Depuis quelques années, des associa…

Statistiques

..Entre 1951 et aujourd'hui, le centre historique a perdu plus de 65% de sa population et la répartition des habitants entre Venise, les îles et la Terraferma s'est inversée : en 1951 55% des vénitiens habitaient la ville historique et seulement 21% la Terraferma. Aujourd’hui, c'est le contraire avec 66% pour la Terraferma et seulement 23% dans le centre historique. 
..Des données démographiques très précises permettent de comparer les chiffres à travers l'histoire :  . ,.,1422 : 199.000 habitants.  ..1509 : 115.000 (dont11.164 courtisanes !)  ..1797 (année de la chute de la République) : 141.000  ..1931 :  163.559  ..1960 : 145.402  ..1970 : 111.550  ..1980 :  95.222  ..1990 :  78.165  ..2000 : 66.386 
..Le compteur de la Pharmacie Morelli, campo San Bartolomeo au Rialto, installé presque comme une boutade par Venessia.com, indique aujourd'hui à peine un peu plus de 58.000 habitants. Du jamais vu dans l'histoire de la Sérénissime même au temps des grandes épidémies ! _____…

Venise, belle et triste vitrine, par Aldo Cazzulo

Un fidèle lecteur nous a signalé cet article d'Aldo Cazzulo paru dans le Corriere della Sera publié par Courrier International, le 12 avril dernier. Point de vue réaliste certes mais assez pessimiste traduisant bien la situation actuelle de la Sérénissime, réalisé à partir d'un entretien avec l'ancien maire, le philosophe Massimo Cacciari, adepte du pragmatisme dont l'administration est aujourd'hui très controversée. Sa vision en tout cas s'avère juste et la réflexion de l'auteur, une bonne base pour les dbats actuels sur l'avenir de la Sérénissime. Boutique de souvenirs à Venise. © spirosk.
Chaque année, des centaines d’habitants fuient la lagune, l’abandonnant aux multinationales et aux spéculateurs de l’art et la transformant en ville fantôme. Les tentatives pour raviver son économie se heurtent au manque de fonds publics et au fatalisme de ceux qui sont restés. 
Pour Massimo Cacciari, son ancien maire, Venise est sous l’emprise de deu…