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Articles

Affichage des articles du juin, 2007

La Phrase du jour

"Ainsi donc, Dieu soit loué! Venise n'est plus pour moi un simple nom, un vain mot, qui m'a tourmenté souvent, moi, l'ennemi mortel des paroles vides".

Goethe © Baldiphoto - Antonio Baldi. 2007. Tous Droits Réservés.

La Fondation Emily Harvey à Venise

Connaissez-vous Emily Harvey ? Cette galeriste new yorkaise connue pour son soutien envers la communauté avant-garde internationale et notamment les artistes du mouvement Fluxus. Elle partageait sa vie entre New York et Venise où elle avait élu domicile. Elle aimait Venise et voulait partager avec dautres lamour quelle avait pour cette ville unique. Elle aimait lart, les artistes, les créateurs en tout genre. Avec la création de ces résidences, elle voulait particulièrement soutenir des artistes matures - si peu de programmes de ce genre étant prévus pour eux. Disparue en 2004, après des mois de lutte contre une terrible maladie, elle demeure dans cette œuvre qu'elle avait mis au point et ne put voir aboutir. ...... La Fondation Emily Harvey propose des résidences à Venise, pour des artistes, écrivains, poètes, réalisateurs, vidéastes, chorégraphes, danseurs, musiciens, commissaires d'exposition, administrateurs d'art, architectes et tout autres créateurs en …

En attendant le vaporetto

Savez-vous que bientôt les pontile de l'ACTV seront scindés en deux : un accès réservé aux vénitiens, et un accès pour les touristes. La polémique fait rage. Qui est ghettoïsé ? le touriste ou le vénitien ? Le nombre croissant de visiteurs pose tellement de problèmes difficiles à résoudre. Faut-il des lignes spécifiques pour les visiteurs, des horaires interdits ? Les tarifs sont déjà terriblement différents. Sans la Carta Venezia (la carte orange réservée aux vénitiens), prendre régulièrement le vaporetto coûte une fortune. Les touristes avisés achètent l'un des pass créé par la municipalité, la "Rolling Venice Card".

Que votre été soit beau et vos journées heureuses !

Comme sera beau chaque matin à Burano et heureux celui qui sait prendre le temps de contempler ces petits riens : un reflet, un rayon de soleil, un chat qui dort, l'enfant qui joue, le bateau qui revient de la pêche...

Santa Lucia et le Palais Labia

Lorsque on descend le grand canal en partant de la gare, si par hasard la cohue des touristes entassés sur le pont du vaporetto n'empêche pas d'apercevoir le majestueux paysage urbain, un superbe corps de bâtiment ne peut manquer d'attirer l'attention. A l'angle du canal de Cannaregio, qui fut jusqu'à la construction du pont par les autrichiens au XIXe, la voie d'accès à Venise pour les visiteurs arrivant de la Terra Ferma, se dresse le majestueux Palais Labia et la belle église San Geremia et son campanile, plus communément appelée par les vénitiens Santa Lucia, car elle abrite les cendres de la martyre Sainte Lucie dont la chapelle votive donne sur le Grand Canal. Le catafalque de la sainte est entouré de paire de lunettes laissées en offrande par les fidèles guéris de leurs problèmes de vue (sainte Lucie est la patronne des aveugles et des électriciens). Un troisième bâtiment complète l'ensemble, de facture typiquement vénitienne, c'…

Pour un séjour à Venise

Se rendre à Venise et ne pas descendre à l'hôtel, voilà un vieux rêve que tout le monde aujourd'hui peut transformer en réalité. Des centaines d'adresses sont ainsi à la disposition des voyageurs - vous savez combien je préfère ce terme à celui tellement dévoyé de "touriste" - et il s'ouvre chaque jour un nouveau "bed & breakfast" plus ou moins accueillant. L'idée est bonne : Vivere alla veneziana, entre amis ou en famille pendant quelques jours, voire quelques semaines... Attention cependant au danger. Vivre ainsi vous fera risquer l'addiction. Trop agréablement installés, des habitudes vite prises chez tel ou tel commerçant bienveillant, quelques bribes d'italien, deux ou trois rencontres avec des voisins avenants et ça y est, vous êtes en état de dépendance et la désintoxication devient impossible. Il n'y a aucun remède et si l'overdose n'est pas mortelle (du moins pas à ma connaissance !), l'embarras peu…

COUPS DE COEUR n°12

Donna Leon, Le meilleur de nos fils
Point Seuil, 2007

On vient de retrouver le corps du jeune Ernesto Moro, mort par pendaison dans la salle de douches de l'Académie militaire de Venise, dont il était élève. Officiellement, il s'est suicidé. Mais le commissaire Guido Brunetti a du mal à y croire : le jeune aristocrate est le fils du célèbre Dottore Moro, un député qui enquête sur le financement des hôpitaux publics italiens et le système d'approvisionnement de l'armée... La coïncidence semble décidément trop étrange. Le commissaire Guido Brunetti est particulièrement touché, car il est lui-même père d'un jeune adolescent. Il a du mal à croire à cette version officielle. Car il règne dans cette Académie une atmosphère trouble. Le pensionnat privé, est réservé aux enfants de l'élite financière, de la grande bourgeoisie industrielle et de l'aristocratie vénitienne. le père du jeune disparu, médecin puis député, a enquêté sur le financement des hôpita…

Un honneur.

Merci Venise86 pour ce joli cadeau... Le palais Franchetti au soleil du matin, ou bien était-ce le soir ? J'aime beaucoup passer au petit matin sur ce pauvre pont de bois bien menacé aujourd'hui.  Autrefois (du moins dans mon autrefois à moi, à l'époque où je vivais toute l'année à Venise), il y avait toujours une flopée de chats qui attendait leur mère nourricière devant ce qui fut le consulat d'Allemagne, cette petite maison rouge qui appartient à la famille Marcello, sur le campiello, à gauche du pont en revenant de Dorsoduro. Ils attendaient au pied de l'arbre que l'on voit sur votre photo ou sur les marches du pont. Les passants devaient faire un écart pour ne pas les déranger. C'était drôle cette communauté de félins maîtres des lieux et respectés par tous.
Et puis ce palais Franchetti, aujourd'hui rénové et qui reprend vie me faisait rêver. Il abrita la mélancolie du Comte de Chambord, qui reste pour nous les bordelais, le très aimé duc de Bord…

Dialogue entendu à la caisse d'un supermarché de Mestre

Le problème du logement et de la vie quotidienne dans le centre historique sont des dossiers préoccupants que personne n'a encore pu résoudre. Voici une discussion édifiante entre deux retraités, entendue l'autre jour dans un supermarché de Mestre qui venait juste d'ouvrir ses portes : . - Toi aussi tu es ici ? Comment cela se fait-il ? - Cela va faire trois mois que j'habite à Mestre. Comme toi. - A Mestre ? Ne me dis pas que tu as vendu ta maison de Venise ? - Si, si! J'ai trois enfants qui sont mariés à Mestre. Mon frère habite à Scorzé. J'ai tenu aussi longtemps que j'ai pu, mais si je voulais être plus près des enfants, des petits enfants et de mon frère j'étais obligé de faire ce choix. J'ai vendu ma maison de Venise et j'ai acheté un appartement à Mestre. Mais j'ai gardé un petit magazzino à Castello où j'ai encore plein d'affaires que je me ramène ici peu à peu. - Je n'aurai jamais cru que tu puisses laisser Venise …

Et dans son sillage, un délicat parfum de tubéreuses...

La jeune femme était à Venise pour la première fois. Élégante et racée, elle s'accoutuma très vite au rythme vénitien, posant ses pas sur les pas de tous les voyageurs d'autrefois qui vinrent ici, le cœur rempli des beaux textes que la ville a souvent suscité. Elle connaissait certains de ces poèmes depuis toujours. Se levant tôt et se couchant tard, elle allait partout, visitant églises et musées, son guide sous le bras. un mouchoir de batiste à la main. Un parfum délicat prolongeait son sillage et on se retournait souvent sur son passage. Il émanait d'elle une harmonie et une paix qui se fondaient chaque jour davantage dans l'harmonie et la paix des ruelles et des campi écrasés de soleil. La jeune femme ne quitta plus jamais Venise. Son parfum comme un léger souffle printanier, je le sens parfois quand je me promène dans certaines rues calmes, l'été du côté de Castello...


3 commentaires: (lors de la première parution sur le blog originel)
Lili a dit… Q…

Le silence de Venise comme un baume.

L'été est là. La foule aussi accourue des quatre coins du monde pour la Biennale. Loin des sentiers battus, les ruelles demeurent calmes, les canaux tranquilles. Le silence si léger de la ville est un baume après la fureur du monde. Là-bas près de San Marco ou au Rialto, sur les Schiavoni vers la Biennale, les hordes se pressent et se bousculent, par vagues débarquant des vaporetti ou dévalant les ponts. Partout ailleurs, le vent déjà bien chaud transporte en écho les sons familiers à ceux qui connaissent Venise : les cloches qui rythment le temps qui passe, le cri des mouettes et le rire des enfants. La lumière forme sur les façades et au fil de l'eau un décor unique, toujours renouvelé, toujours différent...

________2 commentaires (lors de la première parution sur le blog originel) :
venise86 a dit… La Venise que j'aime et dont je ne me lasse pas et que je ne connais pas encore toute, loin de là... Mais est-ce possible ? La lumière partout présente oui, acte…

Der Leiermann...

Connaissez-vous la merveilleuse interprétation du lied de Schubert "Der leiermann","Winterreise" de l'Opus 89, par le ténor Peter Schreier, accompagné au piano par Sviatoslav Richter ? Lorsque j'observe l'élégant mouvement des gondoliers et la barque sombre qui glisse sur l'eau verte des canaux, c'est toujours cet air si mélancolique qui me vient à l'esprit.
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A Venise, l'atelier Orsoni fête 130 ans de mosaïques à la feuille d'or

Ses mosaïques à la feuille d'or ont fait d'Orsoni le plus raffiné des ateliers d'art vénitiens, et le patient travail de ses 27 employés perpétue depuis 1888 à Cannaregio, une tradition qui a magnifié le Sacré-Cœur de Paris ou encore la cathédrale Saint-Paul de Londres. .
Au fond d'une cour ombragée cachée dans un quartier populaire au nord de Venise, une ouvrière prend une délicate feuille d'or 24 carats et la dépose sur une plaque de verre transparente pour la préparer à l'épreuve du feu. Dans la pièce voisine, coeur de la fabrique, un immense four de briques noircies dégage une chaleur étouffante. Du verre en fusion rougeoyant est sorti des flammes et vient recouvrir la feuille d'or et son support, qui sont immédiatement ré-enfournés: une plaque de mosaïque vient de naître. "Nous utilisons les mêmes techniques qu'il y a cent ans. La seule chose qui ait changé, c'est l'utilisation du gaz pour le four au lieu du charbon. Sinon l…

A Venise, l'Afrique a deux visages

Je vous parlais le 6 juin des vendeurs abusifs comme les nomment la presse italienne. Ils font partie du paysage du centre historique et amusent les touristes tant ils sont entassés les uns à côté des autres, file presque ininterrompue de la gare à l'accademia en pensant par le Rialto et Saint Marc. Ils sont la face sombre de ce que le continent africain est devenu. Derrière l'outrance de ces déballages de camelote à trois sous et de mauvaises répliques de maroquinerie de luxe pour gogos, il y a toute la misère d'un peuple qui continue d'envoyer ses enfants se brûler aux lumières de l'occident trop riche. Mais à Venise en ces premiers jours de la 52e Biennale d'art contemporain, une autre Afrique est aussi présente à Venise.
Davide Croff, le président de la Biennale et Robert Storr, le directeur artistique de cette cinquante deuxième édition de la plus ancienne manifestation d'art contemporain du monde ont remis dimanche le Lion d'or à Mali…

C'est aussi de l'art contemporain, non ?

Merci aux photographes auteurs de ces sympathiques clichés 2 commentaires: venise86 a dit… Je ne sais pas comment vous faire parvenir des photos... j'essaie avec celle-ci du marché aux poissons http://orangeblog.fr/web/resizer?image=3949465&type=2
Sinon donnez 
moi la recette ou je vous invite sur le blog venise86 chez orange
14 juin, 2007 Lorenzo a dit… le lien de la photo fonctionne mais l'accès au blog avec le nom que vous donnez ne fonctionne pas. merci de me communiquer l'adresse http complète que je vous mette en lien sur Tramezzinimag. Merci de votre fidélité !
19 juin, 2007

San Giobbe inédit.

Magnifique photo de Pierre publiée le mois dernier sur son site VeniceDailyPhoto que je vous recommande. Merci Pierre du soin que vous prenez dans le choix de vos clichés, contribuant ainsi à montrer au monde une vision de Venise plus originale, intime et merveilleuse !

Trivialité : Venise servie à toutes les sauces en toute impunité.

Encore un crime de lése-Venise ! Au premier regard, cela semble amusant. Une belle jeune femme et son ami montent sur une gondole. Musique, champagne et Venise, rayonnante et paisible. Soudain la rupture. L'homme n'a pas plus de considération pour la belle qu'un macho de base après soixante ans de mariage avec Bobonne. Il pêche et pêche gros. La prise est de taille, la dulcinée en est toute arrosée. Pour fêter ça, l'homme redevenu cro-magnesque, se délecte d'une de ces boissons dont les gosiers américains si peu raffinés se délectent. Bière ou soda, ils produisent le même genre d'éructation. La blonde en est outrée... Drôle, pas vraiment en fait. D'une part parce que Venise est encore montrée avec les clichés d'usage : amour à trois sous, sous-entendus salaces et décor de bluettes. Ensuite parce que pour le spectateur lambda, Venise continue de se résumer à la gondole et aux reflets des palais sur le grand canal (ce qui est déjà beaucoup ca…

Tendre l'oreille au pied du palais Pisani

On parle d'art contemporain ou de cinéma, mais on oublie la musique à Venise. Le Conservatoire Benedetto Marcello, situé dans le somptueux Palais Pisani, à deux pas du campo Santo Stefano, dirigé actuellement par le pianiste Giovanni Umberto Battel, abrite plusieurs centaines de jeunes gens venus se former à la pratique instrumentale et aux autres disciplines musicales. Chaque semaine pendant l'année scolaire, ils donnent de petits concerts dans une des salles de ce Palais du XVIIème siècle. Régulièrement les meilleurs élèves se produisent à la Fenice ou ailleurs. C'est un régal de s'aventurer sous les hautes fenêtres de ce palais pendant l'année et d'entendre, au hasard, de la musique ancienne, des gammes, du chant. Le son des violons, trompettes, clavecins, guitares ou harpes se répand et se mêle aux odeurs des fleurs du palais Franchetti voisin.

Un rêve de vie : être chat à Venise

Vous imaginez la vie qu'un chat peut mener à Venise : pas de risque de finir écrasé sous les roues d'une voiture trop pressée, du poisson plein les rues, des jardins tranquilles, du soleil, des tas d'endroits paisibles pour la sieste, des enfants et des touristes pour les caresses, des photographes pour flatter leur ego et un lointain cousin comme symbole de la ville ! Le paradis non ? Et l'histoire s'en mêle qui donne à la gent féline la place qu'elle mérite. Sans les chats la peste se serait répandue bien plus souvent et les marchandises dévastées par les souris et les rats. Oui, à Venise, quand on n'oublie pas de raisonner en vénitien, on aime et on respecte les chats.

Hélas, l'administration est remplie de non-vénitiens qui ne savent pas cela et la grande tribu des mistigris et autres a été souvent persécutée ces dernières années. Fourrière, exil voire même euthanasie ont décimé la colonie qui en garde un certain ressentiment et beaucoup de dédain p…

Poly à Venise, vous vous souvenez ?

Poly a Venise - Generiquepar VINCEnord
Cécile Aubry (Belle et Sébastien), a écrit cette série sympathique, l'histoire d'un petit poney et son jeune maître que le hasard mène un jour dans les rues de Venise... J'étais enfant lorsque les aventures de Poly le poney et de son jeune maître étaient diffusées. La télévision n'était pas encore en couleur et être autorisés à la regarder était une récompense et un privilège. Je raffolais des feuilletons écrits et réalisés par Cécile Aubry, notamment la  série des Belle et Sébastien. j'avais exactement le même âge que Mehdi, son fils dont tout le monde - du moins tous ceux de ma génération - se souvient qu'il interprétait avec candeur et beaucoup de fraîcheur le personnage de Sébastien. 

Les épisodes de Poly à Venise m'ont beaucoup marqué à l'époque. Je me souviens à peine adolescent avoir voulu retrouver les lieux du tournage - et l'avoir fait au grand dam de mes parents qui n'en pouvaient plus -  et mon i…

La première femme diplômée au monde était vénitienne.

Le saviez-vous ? La première personne de sexe féminin à avoir bravé règles et traditions en poursuivant un cursus universitaire et en briguant un diplôme jusqu'alors exclusivement réservé aux hommes était une jeune patricienne de Venise, Elena Lucrezia Cornaro Piscopia. Elle fut nommée docteur en philosophie et en théologie à l'Université de Padoue en 1678.
Née à Venise en 1646, dans l'illustre famille des Cornaro (dont l'autre femme illustre est la fameuse reine de Chypre, Caterina Cornaro), connue à Venise pour avoir donné des doges, des amiraux, des cardinaux et de nombreux sénateurs. Depuis sa plus petite enfance, elle était réputée pour son intelligence très vive. Le père de la jeune fille lui donna le meilleur enseignement possible à Venise à l'époque.

Elle reçut des leçons avec d'illustres précepteurs dans un grand nombre de matières : langues, latin et grec, mathématiques. C'est le mathématicien et philosophe padouan Carlo Renaldiniou Rinaldin qu…